FotoLap 2017 à Blain
Du 30 mai 14:00 au 16 juillet 18:00
FotoLap 2017 à Blain. Du  30 mai 14:00 au 16 juillet 18:00

Carambolages - du 2 mars au 4 juillet 2016, Grand Palais, Paris

L’exposition « Carambolages » visible du 2 mars au 4 juillet 2016 au Grand Palais à Paris, réunit plus de 180 œuvres selon un principe de construction de l’exposition qui bat en brèche les principes fondamentaux de la structure d’exposition hérités de l’histoire de l’art depuis le 19ème siècle : l’organisation par périodes, la narration chronologique, la répartition par contexte sociologique ou géographique, cette catégorisation qui domine de façon écrasante la mise en place actuelle des expositions. C’est ce que bouscule cette exposition qui réunit les œuvres par affinités formelles, mentales, en cherchant à mettre en scène pour le spectateur le principe du musée imaginaire cher à Malraux.

Les correspondances transversales, les affinités poétiques comme celles des cabinets de curiosité du 17ème siècle, donnent à sentir l’art au-delà des classements savants et des catégories historiographiques avec lesquels l’histoire de l’art étouffe le propos même d’une exposition . Exposer, ce devrait être montrer, faire voir, faire sentir avec les yeux. Mais ce ne sont pas des expositions qu’on visite la plupart du temps, ce sont des illustrations murales de bavards commentaires - implicites ou explicites - de ce qui mérite d’être regardé et justifie la mise en place muséale.

Ce que les autres expositions ne mettent pas en œuvre, c’est la rencontre, entre le spectateur et les oeuvres, et la rencontre entre les œuvres elles-mêmes, non déjà cadrée par le « contexte » de la thématique, du moment historique, ou - pire que tous les autres prétextes à une réunion d’oeuvres - la dimension technique de la fabrication des objets exposés. On en aura, au passage, un nouvel exemple à Nantes, avec l’exposition de photographies du club Aléa à la Cale 2.

Cette rencontre n’est pas permise tant elle est spoliée par le métadiscours « contextualisant », historicisant ou techniciste, censé justifier à lui seul la réunion des oeuvres.

Mais ici, la liberté d’association permet au spectateur de suivre l’injonction qui orne l’entrée de l’exposition «  listen to your eyes !  »... et n’écoute rien d’autre.

Pour entendre une émission de radio entièrement consacrée à cette radicale nouveauté dans l’idée même d’exposition :

www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-1ere-partie/bousculer-l-histoire-de-l-art

Françoise Barbaras

Publié le 5 mars 2016. Modifié le 6 mars 2016