Impressions sur un Salon / Denis Nouet

Impressions sur un Salon

  • Je tenais à visiter cette année encore, dès l’ouverture, le 9ème salon de la Photographie, Porte de Versailles.

Davantage de visiteurs me semble-t’il par rapport à l’an dernier, est-ce un besoin pour les amateurs, semi-pros ou pros tout court de renouveler leur matériel ? Ou intérêt accru pour la sauvegarde de leurs images toujours plus nombreuses ?
Archivage dans les banques de données, (le fameux « cloud ») ou plus simplement la confection d’albums photos plus pratiques pour la lecture de leurs chers souvenirs ? Il y avait en effet beaucoup de monde devant les stands X,Y ou Z.
Mais le plus intéressant dans le Salon pour les passionnés que nous sommes, ce sont les expos qui nous permettent de confronter notre regard à de nombreuses œuvres souvent inconnues pour la plupart des photographes amateurs, commençons par celle de la MEP (Maison Européenne de la Photographie).
Cette année, la photo japonaise était à l’honneur avec Keido Tahara et ses portraits quelquefois inquiétants, Daido Moriyama, le plus connu en dehors de son pays. Shoji Ueda et Kimura ont saisis les images du Japon des années d’après guerre dont deux photos impressionnantes de victimes de la bombe atomique de Nagasaki.

- Ilford présentait les photos des 10 lauréats de son traditionnel concours sur son dernier papier jet d’encre et sans verres qui font souvent obstacle au regard (reflets !) ; rassurons les « argentistes » : le traditionnel baryté est toujours produit, à un prix malheureusement de plus en plus élevé.
Un coup d’œil en passant au stand Canson m’a permis d’apprécier la finesse de reproduction de splendides paysages.
- Dupon-images exposait les photos de deux jeunes auteurs : Balint Pörueczi, lauréat du prix des jurys professionnels avec le thème «  Figurak », images prises avec un Iphone6 (mais oui !). Cadrages excellents malgré tout sur des scènes de la vie ordinaire ; Bruno Mercier lauréat du prix du public avec une série : «  métamorphose  », photos d’épaves de bateaux en bois, blockhaus, ganivelles, un bord de mer étrange !

Une nouveauté cette années avec les 50 séries gagnantes du « Championnat de France de photos », le principe : chacun peut adresser tous les mois à partir de janvier, une série de 9 photos sur un thème choisi par l’auteur et assemblées sous forme d’un grand carré, le format de chaque photo étant carré ou 10X15. Un jury de 10 photographes professionnels sélectionne chaque mois les 10 meilleures photos. J’ai donné mon adresse mél pour obtenir le règlement du concours. Jouer avec des photos ? Pourquoi pas ?

Les photographes invités cette année présentaient deux styles et deux nationalités différents mais avec un point commun : des « argentistes », NetB bien sûr,

  • Gianni Berengo GARDIN, artiste Italien comme son nom l’indique qui a superbement photographié son Italie depuis les années 50 (il est né en 1930) jusqu’en 2010, toujours fidèle à l’argentique ! Apprécié par Cartier-Bresson, il a été très influencé par les photographes humanistes français comme Doisneau, Ronis, surtout. Quelques réflexions sur son œuvre et en général sur la photo : « les livres ont toujours été importants pour moi que ce soit pour raconter des histoires, dénoncer des faits ou réaliser des études, j’en ai fait plus de 250 ! , je n’ai pas d’appareil numérique, j’en possède déjà un avec photo-shop qui nous fait croire des choses différentes de la réalité en les donnant pour réelles. »
  • Elliott ERWITT, né en 1928 à Paris est fils d’émigrés Russes et Américain, ses parents ayant émigré en 1938, photo-reporter parrainé par robert Capa, il entre à l’agence Magnum, il a saisi les grands de ce monde de l’époque : Kennedy, Nixon, Khroutchev et aussi les turpitudes de la société US, avec beaucoup d’humour (le soldat noir qui lui tire la langue, les vieilles dames face à un nudiste !) , n’a-t-il pas déclaré : « Faire rire est l’un des plus grands succès que vous puissiez obtenir, faire rire et pleurer comme Chaplin en avait l’art » ; sur la photo en général : « la composition, si vous voulez prendre un cliché, vous devez avoir un sens visuel à moins de prendre une photo-souvenir de votre chat, votre chien ou votre enfant... il faut trouver la substance dans ses propres photos c’est à dire le contenu et le sens... la photo traduit la façon dons vous réagissez à ce que vous voyez et l’insérez dans le cadre, tout est là. »

En résumé voilà pour moi l’essentiel de la photographie représentée dans ce salon par ces deux artistes sous l’intitulé «  Amitié Argentique  ».

Denis NOUET.

Publié le 16 novembre 2015. Modifié le 16 novembre 2015