Exposition Fotolap à la Manufacture des Tabacs de Nantes
Du 11 au 19 mars
Exposition Fotolap à la Manufacture des Tabacs de Nantes. Du  11 au 19 mars

La GACILLY 2016

La GACILLY 2016

Devenu un événement photographique incontournable le festival Peuples et Cultures a pour ambition depuis sa création, de sensibiliser le grand public aux menaces écologiques (climatiques surtout, mais pas que !) qui pèsent sur notre planète. Avec chaque année, un pays mis à l’honneur par ses photographes, le Japon était tout à fait indiqué pour remplir ce rôle ne serait-ce que par le talent de ses photographes et aussi par le fait d’avoir été victime d’une des plus grandes catastrophes nucléaires depuis Tchernobyl, Fukushima, plus de 60 ans après avoir été victime des premiers bombardements atomiques de l’histoire !

Mes propos porteront donc essentiellement sur les impressions ressenties dans la vision des images de ses photographes.

Je commencerai par une note sévère sur un spécialiste de daguerréotypes, Takashi ARAI. Des images polluées par de nombreuses imperfections techniques (taches énormes, vignettage...) à moins que ce soit une volonté de l’auteur ! Dommage pour la promotion de cette technique du 19ème siècle qui revient à la mode chez les amateurs de procédés anciens.

Toujours en NetB, j’ai par contre apprécié les séries de Shoji UEDA, un photographe
des années d’après guerre. Des sujets humains, portraits insolites et parfois drôles. « Je ne fais que des photos qui me plaisent » écrit-il. Cela va sans dire mais c’est encore mieux en le disant ! Comment réussir des photos sur des sujets que l’on ne capte qu’à contre cœur ?

Concernant les thèmes d’actualité sur des sujets méconnus du grand public, j’ai apprécié la série de Kazuma OBARA sur Fukushima . Le photographe a parfaitement mis en valeur les suites subies par la population locale après la catastrophe.

Mais, le reportage encore plus impressionnant a été présenté par une jeune reporter vivant aux États-Unis, Shiho FUKADA, sur les forçats du Bangladesh, plus exactement, les casseurs de bateaux de Chittagong. Casse de navires géants, minéraliers, pétroliers, porte-containers, non désamiantés, cuves remplies de vapeurs toxiques, tâches dont aucun chantier européen ne veut se charger. Toujours l’externalisation du travail ingrat vers des pays aux très faibles coûts de main d’œuvre.

Il faut noter que Sebastião SALGADO avait réalisé pratiquement le même reportage il y a une vingtaine d’années, en NetB dans sa série de reportages « la main de l’homme ». Sur de tels sujets, sans critiquer bien sûr le travail de SALGADO, je trouve que la couleur a un côté plus réaliste, plus « fort ». SALGADO voulait essentiellement dans « la main de l’homme » mettre en valeur l’esthétisme du sujet. Mais, à mon avis, le reportage, surtout avec des sujets aussi dramatiques, demande la couleur qui met mieux en relief la réalité.

Parmi les autres photographes, dans le domaine du photo-reportage, j’ai été impressionné par la série de Pierre GLEIZES sur la « sur-pêche » qui menace l’existence même de la survie alimentaire de nombreux peuples qui vivent presque exclusivement des produits de la mer, un problème peu connu du grand public. Sans oublier bien sûr le travail d’Olivier JOBARD sur l’itinéraire des migrants depuis leur pays d’origine jusqu’aux rivages de la Méditerranée.

Le festival « Peuples et Cultures » a également le mérite de promouvoir la photo chez les jeunes avec l’expo des collégiens du Morbihan. J’ai aimé l’originalité des sujets traités sur le thème maritime. Peut-être de futurs grands reporters parmi eux ?

Pour celles et ceux qui n’auraient pas été à La Gacilly cet été, vous n’avez que jusqu’au 30 septembre ! (à moins d’une éventuelle prolongation du festival)

Denis NOUET.

Publié le 19 septembre 2016