FotoLap 2017 à Blain
Du 30 mai au 16 juillet
FotoLap 2017 à Blain. Du  30 mai au 16 juillet

Qui n’a pas vu Vivian Maier ?

Je veux parler bien sûr du film qui passe depuis plusieurs semaines et joué encore actuellement au cinéma Concorde à Nantes.

Une excellente étude psychologique

Si vous vous voulez voir un film sur LA photo, vous resterez sur votre faim. Il faudrait plutôt le considérer comme une excellente étude psychologique sur une photographe que l’on pourrait considérer comme compulsive, puisque cette femme, gouvernante (ou nurse plus exactement dans les pays anglo-saxons), décédée en 2006 à Chicago avait trouvé dans ses périodes de loisirs, sur une quarantaine d’années, le moyen de consommer quelques 150.000 pellicules à l’aide de son Rolleiflex, et... de les stocker tout simplement dans des valises entassées dans les combles de son petit logement de Chicago.

Et c’est bien le mérite de John Maloof, réalisateur du film d’avoir très patiemment mis à jour ce trésor photographique en scannant ces innombrables rouleaux de pellicules, tellement nombreux, qu’il a dû faire appel à un laboratoire professionnel pour achever le travail.

De véritables chefs-d’œuvre

C’est ainsi que, développés et tirés, ce sont de véritables chefs-d’œuvre, dignes d’un Doisneau ou d’un Cartier-Bresson qui sont apparus au grand jour. Tous les spécialistes reconnaissent le coup d’œil et le talent de cette pure inconnue qui a œuvré si l’on peut dire, dans l’ombre pendant toute sa vie.
Ce qui apparaît très intéressant dans ce film très bien documenté, ce sont les nombreux témoignages des enfants, aujourd’hui adultes, qui ont grandi sous la gouvernance de Vivian Maier.

Le tableau de la personnalité profonde de cette nurse s’avère bien moins reluisant, si l’on peut dire, que son talent de photographe : pas d’amis, n’aimant guère les hommes et les contacts humains, très sévère avec les enfants....Bref, une psycho-rigide dans toute sa personnalité. Alors ?

Faudrait-il en conclure que la photo représentait pour elle une véritable compensation permettant en quelque sorte de rééquilibrer ses problèmes personnels ? En sortant de la salle du Concorde, je me demandais quels étaient les véritables motivations des passionnés de photo que nous sommes : curiosité ? Certainement, voyeurisme ? Plus ou moins, surement plus que moins à mon avis. Obsession de l’instant décisif ? Aussi. Pêcheur d’images ? Toujours !

Pour revenir à Vivian Maier, deux expositions à Chicago et à New-York lui sont dédiées. Espérons que nous autres Européens pourront en profiter .

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Denis NOUET
Club photo SNCF

Publié le 11 septembre 2014. Modifié le 12 septembre 2014