FotoLap 2017 à Blain
Du 30 mai au 16 juillet
FotoLap 2017 à Blain. Du  30 mai au 16 juillet

Un Salon, des expos

Le Salon de la photo 2014 qui vient de fermer ses portes lundi soir a tenu une fois de plus ses promesses. Non pas tant au niveau du matériel présenté, (pour les sorties des dernières productions : reflex, bridges et compacts....il suffit de consulter les revues spécialisées qui décortiquent ces nouveaux matériels bien avant la date du salon), que sur la variété des expositions, conférences de « grands » photographes et débat avec Eric Bouvet, photo-reporter que connaissent bien les stagiaires de LAP qui ont profité des ses enseignements. Nous en reparlerons plus loin.

Des expositions

Concernant les expos, commençons par celle de la MEP (Maison Européenne de la Photographie). Toutes photos couleurs présentées par Raymond Depardon, un peu quelconques à mon avis, bien en-dessous question créativité de celles d’auteurs bien connus comme Gisèle Freund, et d’autres moins comme Ralph Gibson ou Luigi Ghirri, Joël Sternfeld et Hiro, (incitation au tabac pour ce dernier avec les fumeuses, mais la fumée de cigarette est très photogénique !)

J’ai continué avec les photos primées par Paris-Match pour son concours « la France en photos ». Beaucoup d’humour (osons l’osé !) et de fraîcheur dans les images pour un thème qui peut paraître banal.

Sur le stand de Dupond-images étaient exposées les photos de deux auteurs :
Manolo Mylonas, lauréat du prix des jurys professionnels avec le thème « tous les jours dimanche », images d’environnement urbain très bien construites.

Rodolpho Sebbha, lauréat du prix du public avec un thème : « espiègle ». Comme son nom l’indique bien, photos pleine d’humour, parfois au second degré, « street photography » comme disent les Américains, pas seulement des images « volées » mais des panneaux publicitaires, objets urbains.... Un sacré coup d’oeil. J’aime puisque j’avais voté pour lui ! J’ai apprécié ce texte sur leur stand : « ce que vous voyez est ce que vous voyez. Il n’y a rien à voir ou comprendre au-delà de ce qui est montré ». C’est de Helen Levitt grande photographe États-unienne morte en 2009 à l’âge de 95 ans.

Et puis, le summum, l’expo de Sabine Weiss, « l’oeil intime ». 90 photos toutes N et B, argentiques bien évidemment. Images bien dans la tradition des photos humanistes des années 50 à 70. Rigueur de cadrage de Cartier-Bresson, poésie de Doisneau (avec peut-être moins de mise en scène que ce dernier). A 90 ans l’artiste dédicaçait son album avec un mot gentil pour chacun.

Des conférences

Pour les conférences, j’avais opté pour celle de Claudine Doury qui n’est pas une inconnue pour quelques stagiaires de LAP. Elle présentait ses photos prises au cours de trois reportages, le premier en 92, quand la Russie est devenue accessible aux touristes. Photos d’adolescents garçons et filles dans les colonies de vacances de Sibérie. Images « soft » pleines de tendresse. Concernant l’adolescence, Claudine Doury s’en est faite une spécialité puis qu’elle a présenté des photos de sa propre fille entre 13 et 18 ans. On peut regretter une certaine réserve de Claudine Doury dans ses réponses, un peu trop brèves à mon goût, aux questions posées par les auditeurs. Manque d’habitude des conférences peut-être ?

Mais auparavant, je n’avais pas voulu manquer la mini conférence d’Eric Bouvet au stand de Réponses-Photos, revue dans laquelle il publie régulièrement ses reportages. Avec seulement une vingtaine d’auditeurs, (nombre de places limitées !), Eric Bouvet appelait les questions plutôt que d’entreprendre un exposé « magistral ». Grand reporter « free-lance », Eric Bouvet a évoqué ses reportages les plus traumatisants : le dernier à Kiev place Maïdan en février dernier où plus de 40 tués gisaient autour de lui. Impressions : la peur bien sûr, ça tirait autour de lui mais il faut rester lucide en se protégeant tout en déclenchant ! Son expérience la plus terrible : la Tchétchénie en 99. Des scènes de tortures exécutées par les forces « spéciales » Russes.

Pas de recette miracle pour réussir LA bonne photo, mais quelques conseils : utiliser une focale fixe de préférence, 35 ou 50 mm. Etre près du sujet, bien cadrer. Ne pas trop déclencher et regarder systématiquement ses photos. En prendre 10-12 et mettre un cache sur l’écran.

A 55 ans Eric Bouvet éprouve le besoin de souffler de temps en temps. Il visite beaucoup d’expos, lit des revues. Il dit même qu’il a plus appris ainsi dans le domaine de la photo en 4/5 ans qu’en 25 années de reportages !

Voilà. La visite du Salon me paraît presque incontournable pour tout passionné de la photo. On y apprend au moins autant qu’en... photographiant.

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Denis NOUET
Club photo SNCF

Publié le 19 novembre 2014